Cloud souverain et on-premise pour indépendance tech durable

Solutions on-premise

La dépendance technologique de l’Europe aux solutions américaines n’est plus un simple sujet de débat : elle représente un enjeu économique et stratégique majeur. Avec 264 milliards d’euros dépensés annuellement par les entreprises européennes en services cloud-logiciel américains, et dans un contexte géopolitique de plus en plus instable, les solutions on-premise et les alternatives européennes deviennent des options stratégiques incontournables pour les PME qui souhaitent reprendre le contrôle de leur infrastructure numérique.

La dépendance technologique : un risque économique et géopolitique croissant

264 milliards d’euros de dépendance cloud-logiciel

Selon une étude récente du Cigref et d’Asterès, les entreprises de l’Union européenne dépensent environ 264 milliards d’euros par an en services de cloud et logiciels américains. Cette somme astronomique, comparable à la facture énergétique européenne, représente près de 1,5 % du PIB de l’UE. Pour les entreprises, cela se traduit concrètement par des dépenses moyennes de 2,2 % du chiffre d’affaires consacrées aux services cloud-logiciel, dont 83 % bénéficient à des acteurs américains.

Cette dépendance technologique n’est pas qu’une question de chiffres. Elle se manifeste quotidiennement dans les choix contraints des entreprises : adoption d’AWS, Azure ou Google Cloud par défaut, utilisation quasi-obligatoire de solutions SaaS américaines, et difficulté croissante à négocier des tarifs équitables. Les hausses de prix atteignent régulièrement 10 à 20 % par an, sans possibilité réelle de changer de fournisseur en raison de l’effet de verrouillage.

Les risques géopolitiques dans un monde instable

Le contexte international actuel amplifie dramatiquement les risques liés à cette dépendance. Les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Europe, les menaces tarifaires, et l’utilisation potentielle de la technologie comme levier géopolitique créent une situation inédite. Que se passerait-il si les États-Unis décidaient de restreindre l’accès aux services cloud pour faire pression sur l’Europe ?

Au-delà des risques politiques, la souveraineté numérique pose des questions essentielles : conformité au RGPD, protection des données sensibles, continuité de service en cas de crise, et maîtrise de l’innovation. Pour une PME belge ou européenne, confier l’intégralité de son infrastructure à des acteurs extra-européens revient à déléguer une partie de sa souveraineté d’entreprise.

Solutions on-premise : reprendre le contrôle de vos données et de votre infrastructure

Qu’est-ce qu’une solution on-premise exactement ?

Une solution on-premise (littéralement “sur site”) désigne un système informatique hébergé et géré directement sur les serveurs physiques de votre entreprise, dans vos propres locaux ou dans un datacenter que vous contrôlez. Contrairement aux solutions cloud public où vos données et applications résident sur les serveurs d’un tiers (AWS, Azure, Google Cloud), l’hébergement on-premise vous donne un contrôle total.

Cette approche s’applique à l’ensemble de votre stack technologique : systèmes de gestion (ERP, CRM), bases de données, applications métier, outils de collaboration, et même solutions d’intelligence artificielle. Avec les solutions on-premise, vous maîtrisez physiquement où résident vos données, qui y a accès, et comment elles sont sécurisées.

Avantages concrets pour les PME européennes

Pour une PME belge ou européenne, migrer vers des solutions on-premise ou cloud souverain présente plusieurs avantages stratégiques :

Contrôle total des données : Vos informations critiques, données clients, propriété intellectuelle, informations financières, restent sous votre contrôle direct. Aucun risque d’accès par des autorités étrangères via des législations comme le Cloud Act américain.

Prévisibilité des coûts : Fini les hausses tarifaires unilatérales de 10 à 20 % par an. L’infrastructure on-premise implique un investissement initial plus élevé, mais des coûts d’exploitation prévisibles et maîtrisés sur le long terme.

Performance optimisée : Pour les applications critiques nécessitant une latence minimale ou un débit important, l’hébergement local offre des performances souvent supérieures au cloud public, notamment pour les traitements de données massives ou l’IA.

Conformité renforcée : Certains secteurs (santé, finance, défense) imposent des contraintes strictes sur la localisation des données. Les solutions on-premise facilitent la conformité avec le RGPD et les réglementations sectorielles.

Construire la souveraineté numérique

L’alternative européenne : construire la souveraineté numérique

Écosystème cloud européen : les acteurs à connaître

Si l’hébergement on-premise pur n’est pas adapté à tous les cas d’usage, l’écosystème cloud européen propose des alternatives crédibles. OVHcloud (France), Scaleway (France), IONOS (Allemagne), Hetzner (Allemagne) offrent des services cloud respectant le RGPD avec des datacenters européens et une gouvernance européenne.

Ces fournisseurs cloud européens proposent désormais des services comparables aux géants américains : infrastructure as a service (IaaS), platform as a service (PaaS), solutions managées. L’initiative Gaia-X vise à structurer un cloud souverain européen interopérable, garantissant portabilité des données et absence d’extraterritorialité du droit.

Pour les PME, ces alternatives permettent de bénéficier de la flexibilité du cloud tout en réduisant drastiquement la dépendance technologique aux États-Unis. Les tarifs sont souvent plus compétitifs, et la proximité géographique des datacenters améliore les performances.

Logiciels européens et open source : reprendre le contrôle applicatif

Au-delà de l’infrastructure, les logiciels européens constituent un écosystème riche et mature. Nextcloud (Allemagne) pour la collaboration, Odoo (Belgique) pour l’ERP, OnlyOffice (Lettonie) pour la bureautique, GitLab (Pays-Bas) pour le développement autant d’alternatives performantes aux solutions américaines.

L’open source joue un rôle clé dans cette reconquête de souveraineté numérique. Des solutions comme PostgreSQL, Linux, Kubernetes, ou les modèles d’IA open source (Mistral AI en France) permettent aux entreprises de s’affranchir des licences propriétaires tout en bénéficiant de communautés actives et d’une transparence totale du code.

Pour une PME, adopter des logiciels européens et open source réduit non seulement la dépendance, mais aussi les coûts de licences et améliore la capacité à personnaliser les outils selon les besoins métier spécifiques.

Stratégie de transition : du cloud américain à la souveraineté technologique

Étape 1 : Audit de dépendance technologique

Avant toute migration, réalisez un audit de dépendance complet. Identifiez toutes vos solutions cloud et SaaS actuelles, quantifiez les flux de données vers l’étranger, évaluez les coûts réels (licences, bande passante, stockage), et classez vos applications par criticité.

Cet audit révèle souvent des surprises : multiplication des abonnements SaaS sous-utilisés, données critiques hébergées sans contrôle réel, coûts cachés de migration entre services. Pour une PME dépensant 2,2 % de son chiffre d’affaires en cloud-logiciel, l’exercice identifie fréquemment 20 à 30 % d’économies potentielles.

Étape 2 : Migration progressive vers l’on-premise ou le cloud européen

La migration ne doit jamais être brutale. Adoptez une approche par phases : commencez par les applications non-critiques, testez les performances et la fiabilité, formez vos équipes, puis migrez progressivement les systèmes critiques.

Privilégiez une stratégie hybrid cloud : certaines applications restent dans le cloud public (développement, test), d’autres migrent vers du cloud européen (production, données clients), et les systèmes les plus sensibles basculent en on-premise. Cette approche minimise les risques tout en réduisant progressivement la dépendance technologique.

Étape 3 : Gouvernance et optimisation continue

Une fois la migration effectuée, instaurez une gouvernance stricte des choix technologiques. Définissez des critères clairs privilégiant les solutions européennes et on-premise quand c’est pertinent. Formez vos équipes sur ces nouvelles plateformes.

Mesurez régulièrement les indicateurs clés : coûts totaux de possession (TCO), performances, disponibilité, sécurité. L’objectif n’est pas de bannir toute technologie américaine par principe, mais de faire des choix éclairés qui réduisent votre exposition aux risques géopolitiques et économiques.

Cloud européen

Iterates, votre partenaire pour la souveraineté numérique

Chez Iterates, nous accompagnons les PME belges et européennes dans leur transition vers la souveraineté technologique. Notre expertise couvre l’audit de dépendance, la conception d’architectures hybrid cloud combinant on-premise et cloud européen, et le développement d’applications sur mesure s’appuyant sur des technologies ouvertes et européennes.

Nous ne proposons pas de solutions génériques : chaque entreprise a des contraintes spécifiques de performance, de conformité, de budget. Notre approche consiste à analyser votre situation actuelle, identifier les leviers de réduction de dépendance, et concevoir une feuille de route pragmatique et progressive.

De l’hébergement on-premise pour vos données les plus sensibles au choix de fournisseurs cloud européens pour vos applications métier, en passant par l’intégration de logiciels open source, nous transformons la complexité technologique en avantage stratégique concret.

Prêt à reprendre le contrôle de votre infrastructure numérique ?

La dépendance technologique aux solutions américaines représente un risque économique de 264 milliards d’euros pour l’Europe, et un risque géopolitique croissant pour chaque entreprise. Les solutions on-premise, le cloud européen, et les logiciels souverains offrent des alternatives crédibles, performantes, et économiquement viables.

Avec la bonne stratégie et le bon accompagnement, votre PME peut réduire drastiquement sa dépendance, maîtriser ses coûts technologiques, et construire une infrastructure résiliente face aux incertitudes géopolitiques. La souveraineté numérique n’est plus une option : c’est un impératif stratégique pour les entreprises européennes qui veulent rester maîtres de leur destin numérique.

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Auteur
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Rodolphe Balay
Rodolphe Balay est le co-fondateur d’iterates, une agence web spécialisée dans le développement d’applications web et mobiles. Il accompagne entreprises et startups pour créer des solutions digitales sur mesure, faciles à utiliser et adaptées à leurs besoins.

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